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Françoise Rohmer

Françoise Rohmer

Plasticienne.

Vit à Camps la Source.

Livres d’artistes et recueils poétiques
publiés chez Tipaza :

 

 

Biographie

Après avoir fait les beaux arts, et l’université de nice dans la section arts plastiques, elle devient enseignante. Aujourd’hui elle continue de peindre et est présidente de l’association Couleurs de le Méditérranée. «D’une certaine façon, il n’y a pas de peinture de Françoise Rohmer. Plutôt une vie de Françoise Rohmer avec la peinture, tant la question qu’elle pose à la peinture est, en définitive, celle même du sens de la vie en général. On pourrait dire, en parodiant la réflexion de Robert Filliou, que la peinture est à ses yeux ce qui rend le monde et la vie plus intéressants que la peinture… C’est de l’événement des choses que les toiles retirent la couleur et la lumière c’est-à-dire – au fond de l’événement même de l’événement qui fait qu’il y a un monde. Peindre et dessiner s’y présentent comme éprouver que le monde n’a pas besoin de couronnement extérieur parce qu’il est lui-même le couronnement. L’économie du trait, cette volonté de dire l’espace seulement par l’espace si l’on veut, la pureté des pigments, tout cela fait penser à une remarque de Manuel Rivas suivant laquelle «ce secret n’a rien à voir avec les ténèbres ; le secret appartient à la lumière» (L’éclat dans l’abîme, Gallimard, 2008). Dans ses livres d’artistes, Françoise Rohmer joue avec la disparition et le recouvrement du texte comme pour laisser entendre que ce que l’art veut dire, il le réalise physiquement. Elle interroge ainsi la question du sens des présences sans les ancrer dans une signification préalable. (...) Sentir pleinement l’existence des choses est le moyen de se sentir complètement soi-même, par élision de leurs modalités d’être au profit du seul miracle qu’elles soient… La présence dans la peinture se donne de manière paradoxale : elle limite notre pouvoir de représentation au moment même où elle intensifie a contrario l’effet de ce qu’elle met sous les yeux. En deux mots, elle est un oxymore visuel, une vue à la fois claire et obscure si l’on veut. On y perçoit à fond mais en oubliant pour une part ce que l’on perçoit. La préhension y devient contact. Comme dans un chant des Sirènes visuel. Il y a une expression inexpressive de la chose de peinture qui explique son intensité. L’inexpressif est ce qui fait impression sans «vouloir dire». Il nous livre à ce que Jankélévitch appelait «le paradoxe de la rigueur évasive», et qui était pour lui le secret de l’intense en général. Les peintures de Françoise Rohmer réalisent la performance de figurer le caractère indéterminé de toute impression de présence («c’est là», «le monde existe»), en même temps que l’activité et le tranchant singulier de toute présence réellement incarnée. D’où le sentiment de paradis sans parole qui naît à leur rencontre. La mémoire est au coeur de la démarche de l’artiste, mais au lieu de subjectiviser le réel, de le rendre psycho-dégradable, elle a tendance à retenir uniquement l’effet qu’il faisait avant justement qu’on s’en souvienne. À le laisser à son indifférence secrète et à son objectivité impérieuse. Bachelard disait qu’on ne se souvient pas que les choses aient duré mais seulement qu’elles ont été. La peinture de Françoise Rohmer est un art du «voilà tout», simple et poétique, sans nostalgie. Parce qu’elle ne quitte pas le moment toujours naissant des présences qu’elle convoque et dont elle demeure dès lors obscurément contemporaine.

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